« Et si la beauté pouvait changer le monde » Dostoïevski : Commençons par Venise

Sep 14, 2016 | curiosités et traditions vénitiennes, histoire, jardins, jardins potagers, Non classifié(e), tourisme | 0 commentaires

Vous êtes curieux ? Vous voulez une visite guidée insolite ? Vous êtes intéressés par les jardins ?

Les Jardins de Venise

La première partie de notre voyage sur la beauté de Venise tient compte du fait que les jardins sont -comme nous le verrons- vraiment particuliers. Ils ne sont pas très grands, à part quelques exceptions, mais ils sont nombreux, environ cinq cents, dont six seulement sont des jardins publics. Si nous considérons que le centre historique de Venise n‘est pas très étendu, nous pouvons comprendre tout de suite que même un jardin de quelques mètres représente un véritable trésor.

Venise, comme toutes les îles qui la composent, est non seulement entourée d’eau, mais elle est également souvent envahie, c’est-à-dire inondée, et les jardins courent par conséquent un grand risque. C’est la raison pour laquelle ils sont toujours un peu plus élevés par rapport au niveau de la cour qui normalement les précède ou de la rue extérieure qui les longe. En ce qui concerne les risques, la nature gagne cependant souvent et les jardins survivent depuis des siècles, même s’ils sont en train de se transformer progressivement.

Le jardin des monastères et des couvents

Historiquement, il a continué à se développer au Moyen Âge grâce à la Règle de Saint Benoît (VIe siècle), à la spiritualité bénédictine, et plus tard également, grâce à celle franciscaine (XIIIe siècle) qui a donné beaucoup d’importance à la nature. Dans le potager-jardin des monastères, le potager « des simples » s’est développé (c’est-à-dire des herbes médicinales, appelées à l’époque « les médicaments simples » parce qu’ils dérivaient directement de la nature).

Une des raisons importantes pour lesquelles elles se sont développées était le soin des malades effectuée principalement avec les herbes officinales dont l’étude s’est approfondie progressivement par rapport au passé ; l’impulsion de développer aussi des légumes, de la vigne et d’autres produits de la terre dépendait -entre autres- du désir de s’assurer leurs propres moyens de subsistance et d’aider les pauvres.

À Venise, il ne reste plus d’anciens jardins, comme celui de la Certosa, mais nous avons encore aujourd’hui le jardin-potager du Couvent des Capucins (branche des Franciscains qui remonte au XVIe siècle) qui se trouve au Redentore, ainsi que celui des Frères mineures de l’observance (autre branche des Franciscains datant également du XVIe siècle) à S. Francesco della Vigna.

Les arcades du jardin de S. Francesco della Vigna

Les arcades du jardin de S. Francesco della Vigna

Le potager de S. Francesco della Vigna avec un arbre fruitier

Le potager de S. Francesco della Vigna avec un arbre fruitier

De plus, au Redentore, on peut également y admirer une très belle pharmacie ancienne, encore parfaitement équipée, et jalousement gardée par les Frères.

Dans les pharmacies des monastères et des couvents, les herbes étaient séchées après avoir été cultivées dans les jardins. Ensuite, on les conservait en les répartissant selon leurs propriétés et leurs fonctions dans des tiroirs, des compartiments et des vases. 

 

Le potager de l’Église du Redentore

Le potager de l’Église du Redentore

 

Le jardin de l’Église du Redentore

Le jardin de l’Église du Redentore

 

Au cours du XVIe siècle, une nouvelle impulsion concernant l’entretien des jardins sera donnée par les Carmes Déchaux (la branche des Carmélites, fondée par Sainte Thérèse) ; cet ordre mettra l’accent sur la beauté de la nature comme une expression et une manifestation de la beauté divine et du don de Dieu à l’homme. Il en résulte que le contact avec la nature permet à l’homme de se rapprocher de l’union mystique avec Dieu.

Autrefois, comme potager-jardin à Venise, on pouvait trouver aussi celui des Chevaliers de Malte (Ordre de Saint Jean du Temple), maintenant il s’agit d’un espace vert qui sera ramené prochainement à sa splendeur antique.

Il reste encore aujourd’hui des documents détaillés datant de plusieurs siècles, dans lesquels il est dessiné et dont on connaît également quelques plantes privilégiées, parmi lesquelles bien sûr le millepertuis appelé populairement l’herbe de Saint Jean (du nom du protecteur de l’ordre). De la fleur, on obtenait de l’huile pour la peau, des infusions pour la fatigue et de la pommade pour les cicatrisations.

En effet, les Chevaliers se dédiaient non seulement à la défense des pèlerins, mais aussi à leur santé physique et c’est pour cette raison que, dans tous les lieux où  ils sont allés, ils ont construit un hôpital en choisissant soigneusement le lieu, souvent à proximité d’un jardin potager déjà préexistant.

Tous ces jardins ainsi que bien d’autres, dont nous n’avons pas encore parlé, sont de véritables bijoux, plus ils sont précieux et attrayants plus ils sont cachés. Ils ne sont pas facilement visibles et les visites ne sont pas toujours faisables, cependant -soumises à l’autorisation des propriétaires- elles sont réalisables si elles sont organisées à l’avance.

CELA EN VAUT VRAIMENT LA PEINE !
IL FAUT LE VOIR POUR LE CROIRE !

Loredana Giacomini
BestVeniceGuides
loredanagiacomini@gmail.com