« E si la beauté pouvait changer le monde » Dostoïevski :  Commençons par Venise

Oct 12, 2016 | curiosités et traditions vénitiennes, histoire, jardins, jardins potagers | 0 commentaires

Vous êtes curieux? Vous voulez une visite guidée insolite? Vous êtes intéressés par les jardins?

Le jardin du palais

À l’origine, le potager permettait plus souvent que le jardin d’aider, grâce aux légumes et aux arbres fruitiers, à la survie et à l’autonomie des familles dans le besoin (et aussi à d’éventuels sièges); cependant, à partir du XIVe siècle, c’était un véritable jardin botanique où les riches propriétaires aimaient cultiver des plantes rares recherchées durant des voyages lointains; de ce point de vue, Marco Polo y a également contribué en important parmi mille autres choses l’aloès, la cannelle, la rhubarbe et le santal.

Une plante d’aloès de nos jours

Une plante d’aloès de nos jours

 

Au XVIe siècle, Pietro Antonio Michiel avait dans sa maison vénitienne un jardin botanique d’exception auquel tous les spécialistes de l’époque faisaient référence pour des informations. Ce n’est pas par hasard si Venise, poussée par ses grands chercheurs passionnés, a ouvert à Padoue (qui faisait alors partie de l’État vénitien) le premier jardin botanique universitaire dans le monde (appelé Potager médicinal ou Hortus Simplicium), et qui existe encore de nos jours.

Au cours du XIXe siècle, un autre changement concernant le jardin a lieu, lorsque, après l’approche classique formelle sur les parterres géométriques de fleurs et de plantes de tradition italienne, à Venise également, on suivra la mode du jardin romantique à l’anglaise, c’est-à-dire informel.

Il ne s’agit donc plus du contrôle de l’homme sur la nature  mais, au moins en apparence, de la manifestation d’une nature libre, «incontrôlée». À Venise, on transporte donc de petites pierres, le sable s’accumule pour créer des monticules reliés par des ponts artificiels et de petites détériorations se créent pour marquer l’action du temps. On construit aussi des grottes et tout ce qui peut favoriser la surprise continue, en supprimant donc ainsi le parcours central et la vision d’ensemble traditionnels.

Encore aujourd’hui, des survivances de la période romantique restent dans le jardin Nani-Lucheschi ainsi que dans celui du Palais Zenobio; le Jardin Rizzo Patarol présente lui toutes ces caractéristiques d’origine.

Jardin Nani-Lucheschi avec la façade arrière du Palais Nani-Lucheschi

Jardin Nani-Lucheschi avec la façade arrière du Palais Nani-Lucheschi

 

L’entrée-sortie du jardin Nani-Lucheschi

L’entrée-sortie du jardin Nani-Lucheschi

 

Au cours des siècles, des potions de plus en plus importantes ont été réservées pour les fleurs qui prédominent aujourd’hui et qui ont transformé aussi la partie la plus ancienne du potager antique exclusivement en jardin.

Et ce seront-elles les fleurs à Venise l’objet dont je parlerai dans l’un des prochains articles (posts).

Des signes de la division restent cependant encore existants dans certains jardins, comme le Contarini dal Zaffo  et le Morosini del giardin même si aujourd’hui, ceux-ci ne sont plus habités par les familles d’origine, désormais disparues, mais ils sont gérés par des Communautés religieuses comme le Cottolengo et les Dominicaines.

Quelques roses du jardin Contarini dal Zaffo

Quelques roses du jardin Contarini dal Zaffo

 

Les roses de la pergola du Jardin Morosini del Giardin

Les roses de la pergola du Jardin Morosini del Giardin

 

La glycine d’une autre pergula du jardin Morosini del Giardin

La glycine d’une autre pergula du jardin Morosini del Giardin

 

Tous ces jardins ainsi que bien d’autres ne sont pas facilement visibles et les visites ne sont pas toujours faisables, cependant -soumises à l’autorisation des propriétaires – elles sont réalisables si elles sont organisées à l’avance.

Cela en vaut vraiment la peine!
Il faut le voir pour le croire!

Loredana Giacomini
BestVeniceGuides
loredanagiacomini@gmail.com