Au cours des siècles les relations de la Sérénissime avec le Proche-Orient ont été intensives et fertiles.

Autrefois les territoires que nous appelons aujourd’hui Moyen-Orient appartenaient à l’empire byzantin et puis petit à petit sont passés sous la domination ottomanne, mais ils sont restés toujours au coeur des intérêts commerciaux des marchands vénitiens.

Photo: haut-relief sur la façade du Palais Mastelli

Nous savons que les vénitiens importaient d’orient – lointain ou proche – épices, soie, or, encens, parfums – bref des objets de luxe – mais qu’exportaient-ils vers ces pays? Evidemment les précieux ouvrages que la République produisaie grâce à ses artisans qualifies: verre de Murano, tissus, éditions de livres, etc, mais surtout armes et esclaves.

En Europe, à partir de l’an mille, il était interdit d’asservir les chrétiens en esclavage, mais rien n’empêchait de faire des esclaves parmi les hommes, et specialement les femmes, d’autres religions. Circassiennes et tatares étaient très appréciées en Italie jusqu’au XIV° siècle. De plus, chez les musulmans l’esclavage n’était pas interdit et les marchands vénitiens faisaient couramment trafic de “la marchandise humaines” vers ces pays.

Photo: détail du “Miracle de la Croix au Rialto” de Vittore Carpaccio

Au Proche-Orient, Venise était si renommée et redoutée que, à la différence de toutes les autres villes européennes, elle était désignée par un vocable arabe. Le mot employé encore aujourd’hui est Al Bunduqyya signifiant le fusil. Jusqu’au XIV° siècle en Orient les armes à feu ont été importées de Venise c’est ainsi que la nouvelle technologie a pris le nom de son exportateur.

A’ l’origine le mot Al Bunduqyya signifie petit boule, noisette; selon Maria Pia Pedani, professeur à l’Université Ca’ Foscari de Venise d’histoire des Pays Islamiques, le terme fait référence au premier ancien noyau de Venice qui était appelé “Olivolo” puisqu’il avait la forme d’une olive.

Photo: plan de Venise, manuscrit ottoman, XVI° siècle

Dans la ville de Venise on trouve beaucoup de traces de ce dense réseau d’echanges commerciaux. Allons voir…

Sur les mosaïques de la basilique Saint Marc on peut lire, en caractères latins, le mot arabe kanzir qui signifie cochon. A’ Venise tout le monde connaissait donc ce mot arabe.

Selon la légende deux marchands vénisiens, Bono et Rustico, avaient volé le corps de saint Marc enterré à Alexandrie en Egypte pour le porter à Venise, afin de contourner les contrôles par des musulmans, les deux hommes avaient caché la précieuse relique sous de la viande de porc.

Photo: détail des mosaïques de la basilique Saint Marc.

Sur les mosaïque de la basilique ainsi que sur les chapiteaux du Palais des Doges on trouve représentés de nombreux peuples d’Orient: ils sont bien figurés avec leurs costumes et comportements et ils nous renvoient à l’atmosphère cosmopolite de la ville de Venise à l’époque.

Un autre mot employé souvent à Venise était le vocable arabe fondouq – auberge, dépôt, magasin. Sur le Grand Canal on peut admirer encore aujourd’hui le Fondaco dei Turchi, bâtiment où les marchands ottomans étaient obligés de demeurer pendant leur séjour dans la Sérénissime. On a le témoignage qu’il y avait en fonction, au rez-de-chaussée, une mosquée. Le soir on fermait le fondouq des Turcs afin d’assurer la sécurité des marchands qui n’étaient pas très aimés dans la ville, spécialement pendant les guèrres que la République menaitt contre les Sultans.

Malheureusement rient n’est resté du Fondouq des Perses qui avait sa façade sur le Grand Canal à coté du Fondouq des Allemands.

Au contraire des Ottomans, les Perses étaient alliés de Venise puisqu’ ils représentaient une défense contre les turcs. Au Palais des Doges on trouve un grand tableau qui celèbre l’accueil des ambassadeurs perses au Palais en l’an 1603. Sur cette peinture on voit les ambassadeurs faire cadeau au doge d’un splendide tapis qu’aujourd’hui encore on peut admirer dans le musée de la basilique Saint Marc.

Photo: “Les ambassadeurs Perses à Venise” – atelier de Veronese

Même le mot arsenal provient de la langue arabe – Dār al-ṣināʿa – maison de travail. C’est grâce au puissant et ancien Arsenal de Venise que ce terme est employé dans le monde entier.

Et encore, à l’ interieur de l’église de Saint Pierre dans le quartier de Castello on découvre une belle inscription en arabe. Il s’agit d’une stèle décorée des versets coraniques écrits en caractères çoufiques et “recyclée” au XIII° siècle pour être l’improbable chaire de saint Pierre.

Et beaucoup plus…

 

Maria Grazia Gagliardi
BestVeniceGuides
www.visitvenezia.altervista.org

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